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Ruralité

Un médecin sur cinq a disparu des zones rurales. Un bureau de poste sur trois a fermé. Ce n'est pas une loi de la nature.

22%
des communes rurales n'ont plus de médecin généraliste, en hausse depuis 2010 (DREES)
33%
de la population française vit dans des communes rurales (INSEE), mais reçoit une fraction des investissements publics
-30%
de bureaux de poste en zone rurale en 20 ans, accélération après 2015
78%
des habitants des zones rurales sont totalement dépendants de la voiture pour leurs déplacements quotidiens (CEREMA)
20%
de moins : revenu médian rural inférieur au revenu médian des grandes villes (INSEE 2022)
Le contexte

33% des Français vivent dans des communes rurales ou des petites villes. Ils sont considérés comme une variable d'ajustement depuis 40 ans de politique de métropolisation. Les services publics ferment un par un : bureaux de poste, maternités, tribunaux, perceptions, sous-préfectures, agences bancaires. La SNCF a supprimé les petites lignes. Les maternités rurales ont fermé au nom de la sécurité sanitaire sans que des alternatives réelles de transport aient été créées. Les Gilets jaunes sont nés de ce sentiment d'abandon : une taxe sur l'essence dans des territoires où la voiture est l'unique moyen de se déplacer, ça ne pardonne pas. Ce n'est pas une fatalité démographique : c'est le résultat d'une politique délibérée de concentration des investissements dans les métropoles.

Objections — cliquez pour voir la réponse
"La métropolisation est inévitable, les gens choisissent les villes."
+

Les gens vont dans les villes parce qu'on y met les emplois, les services, les universités, les hôpitaux. Si on investissait autant dans les territoires ruraux, les choix seraient différents. 2 millions de Français ont quitté Paris depuis le Covid pour des villes moyennes et des zones rurales, preuve que quand les conditions le permettent, les gens font d'autres choix que la métropolisation.

"Les ruraux ont choisi de vivre à la campagne, ils assument les contraintes."
+

Un enfant né dans un village en Creuse n'a pas choisi d'y naître. Et les habitants des territoires ruraux paient les mêmes impôts nationaux que les Parisiens. La solidarité nationale ne s'arrête pas aux portes des agglomérations. Dire aux ruraux d'assumer leurs contraintes tout en les privant de services financés par leurs impôts, c'est une forme de discrimination territoriale.

"Il y a des aides pour les territoires ruraux : DETR, dotations, etc."
+

Ces dotations existent et c'est bien. Elles sont structurellement insuffisantes pour compenser les décennies de désinvestissement. Et elles ne remplacent pas des services publics de proximité : un guichet de mairie agrandie avec la dotation DETR ne remplace pas le bureau de poste, la maternité ou la gare fermée. Les pansements ne remplacent pas la chirurgie.

"Internet remplace les services physiques, c'est la modernité."
+

4% des Français restent en zone blanche selon l'Arcep en 2024, dont une concentration dans les zones rurales. Et même avec internet : une consultation médicale à distance ne remplace pas un examen physique, un dépôt de colis en ligne ne remplace pas le lien social du bureau de poste, et une démarche administrative dématérialisée suppose une maîtrise numérique que 13 millions de Français n'ont pas (illectronisme).

Ce que propose la gauche
Moratoire sur la fermeture de tout service public en zone rurale sans création d'une alternative équivalente
Plan Maisons France Services : une par canton, avec vrais agents et vrais services, pas des écrans
Incitations fortes à l'installation des médecins en zone rurale : salaire garanti, locaux fournis
Réouverture des petites lignes ferroviaires prioritaires pour les bassins de vie enclavés
Péréquation fiscale renforcée : redistribuer davantage vers les communes rurales qui subissent l'exode des services
Droit à la connexion : THD garanti pour chaque habitant d'ici 2026, avec pénalités pour les opérateurs défaillants
"La France est un pays de 36 000 communes. C'est sa force, pas sa faiblesse. Encore faut-il leur donner les moyens d'exister."
Jean Jaurès, discours sur la décentralisation, 1905 (paraphrase)
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