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Fiscalité & inégalités

Les milliardaires paient 26% de taux réel d'imposition. Moins qu'un cadre.

26%
taux d'imposition réel des milliardaires (IPP 2023)
80-100 Md€
d'évasion fiscale par an en France
4,5 Md€
perdus chaque année depuis la suppression de l'ISF
13 Md€
de fraude sociale, dont 56% commis par des entreprises (pas des individus)
6 200€ vs 857 700€
patrimoine médian des 10% les plus pauvres vs les 10% les plus riches (INSEE 2024)
×7
l'évasion fiscale coûte 7 fois plus que la fraude sociale
Le contexte

Le système fiscal français est régressif tout en haut de l'échelle : les 0,1% les plus riches paient un taux effectif d'imposition inférieur à ceux juste en dessous d'eux. Pas parce qu'ils fraudent (bien que l'évasion fiscale existe), mais parce que le système est légalement conçu pour que leurs revenus, essentiellement du capital, soient taxés moins lourdement que les revenus du travail. L'évasion fiscale représente 80-100 milliards par an selon les estimations. Pour comparaison, la fraude sociale représente 13 milliards, et 56% de cette fraude est le fait d'entreprises, pas d'individus précaires. Le patrimoine médian des 10% les plus dotés est 138 fois supérieur à celui des 10% les moins dotés (INSEE 2024).

Objections — cliquez pour voir la réponse
"Les riches vont partir à l'étranger si on les taxe davantage."
+

Depuis la suppression de l'ISF en 2018, les données montrent plus de retours de contribuables fortunés que de départs. L'IPP l'a documenté. L'argument de l'exil fiscal est surtout médiatique, alimenté par quelques cas spectaculaires (Bernard Arnault en Belgique, qui n'est d'ailleurs jamais parti) et par les lobbyistes des grandes fortunes.

"La fraude sociale coûte plus cher que la fraude fiscale."
+

Fraude sociale : 13 milliards (56% commis par des entreprises, pas des individus). Évasion fiscale : 80-100 milliards. Facteur ×7. Les deux sont condamnables. L'une fait systématiquement les unes des journaux télévisés, l'autre les pages économiques. Ce déséquilibre médiatique n'est pas neutre, il oriente l'attention sur les plus précaires, pas sur les plus riches.

"Un impôt minimum mondial sur les milliardaires, c'est utopique."
+

Il existe déjà partiellement : depuis 2024, un taux minimum de 15% sur les profits des multinationales (accord G20, 136 pays signataires). L'économiste Gabriel Zucman a calculé qu'un taux de 2% sur les fortunes mondiales des milliardaires rapporterait 250 milliards de dollars par an. C'est faisable, c'est une question de volonté politique, pas de possibilité technique.

"Les niches fiscales profitent à tout le monde."
+

Les niches fiscales représentent environ 90 milliards par an en France. Une part significative profite aux contribuables les plus aisés : déductions sur l'investissement locatif, exonérations sur la transmission du patrimoine, réductions pour l'emploi à domicile. Certaines niches sont justifiées socialement, beaucoup ne le sont pas.

"Taxer les successions c'est une double peine : cet argent a déjà été imposé."
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Confusion fondamentale : l'héritier n'a jamais payé d'impôts sur cet argent. C'est le défunt qui l'a fait. Recevoir 500 000 euros sans rien faire est un revenu non travaillé comme un autre. 60% du patrimoine des plus riches vient d'héritages ou donations (INSEE). L'argument de la double peine confond le défunt et l'héritier. Ce sont deux personnes différentes.

Ce que propose la gauche
Impôt minimum effectif de 2% sur les patrimoines supérieurs à 1 milliard d'euros
Rétablissement et renforcement de l'ISF
Suppression de la flat tax, retour à l'imposition progressive
Moyens humains renforcés pour la Direction Nationale des Enquêtes Fiscales
Harmonisation fiscale européenne pour éliminer les paradis fiscaux internes à l'UE
Taxation des successions importantes au-delà d'un seuil raisonnable
"J'aime payer mes impôts. Avec eux, j'achète la civilisation."
Oliver Wendell Holmes Jr., 1927
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