Extrême droite & RN
Le Front National a été fondé avec d'anciens membres des Waffen-SS. Son fondateur a qualifié les chambres à gaz de 'détail'. Sa dirigeante a été condamnée pour détournement de fonds publics. Leurs alliés s'appellent Orbán, Poutine, Trump. Les faits sont publics, vérifiables, et accablants.
Le Rassemblement National n'est pas né de nulle part. Le Front National a été fondé le 5 octobre 1972. Parmi ses membres fondateurs : Pierre Bousquet, ancien volontaire de la division SS Charlemagne, et des cadres de l'Ordre Nouveau, groupuscule néo-nazi dissous par l'État en 1973. En 1987, Jean-Marie Le Pen qualifie les chambres à gaz de 'détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale' à la télévision. Il sera condamné pour ces propos — l'une de ses 18 condamnations judiciaires pour racisme, antisémitisme ou apologie de crimes de guerre. BILAN DE VOTES. En France, le FN puis le RN a voté contre le mariage pour tous (2013), contre la PMA pour toutes (2021), contre la constitutionnalisation du droit à l'IVG (abstention massive, 2024). Au Parlement européen, les eurodéputés RN ont voté contre la directive sur les salaires minimaux (novembre 2022), contre la taxation des superprofits des entreprises énergétiques (2022), contre la directive sur le statut des travailleurs des plateformes numériques (livreurs, 2024), et contre plusieurs résolutions d'aide à l'Ukraine après l'invasion russe. FINANCEMENT RUSSE. En 2014, le FN a contracté un prêt de 9 millions d'euros auprès de la First Czech Russian Bank (FCBR), liée à des oligarques proches de Vladimir Poutine, après refus de toutes les banques françaises. Marine Le Pen a rencontré Poutine au Kremlin le 24 mars 2017, trois semaines avant le premier tour de la présidentielle. CONNEXIONS INTERNATIONALES. En juillet 2024, Marine Le Pen et Viktor Orbán (Hongrie) ont fondé ensemble le groupe 'Patriots for Europe' au Parlement européen, troisième groupe de l'hémicycle. Orbán a démantelé l'État de droit en Hongrie : fermeture des journaux indépendants, modification de la Constitution, entretien de relations privilégiées avec Moscou. Marine Le Pen a félicité l'élection de Donald Trump en 2016 puis en 2024, celle de Jair Bolsonaro au Brésil en 2018. Le parti entretient des liens documentés avec Matteo Salvini (Lega, Italie), Santiago Abascal (Vox, Espagne), et l'ensemble des partis nationalistes d'extrême droite européens du groupe Patriots for Europe. CONDAMNATION. En 2024, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Marine Le Pen à 4 ans de prison dont 2 avec sursis et 5 ans d'inéligibilité pour détournement de fonds publics européens. Des permanents du RN, officiellement employés comme assistants au Parlement européen, travaillaient en réalité pour le parti en France. Le jugement a été confirmé en appel en 2025.
Jean-Marie Le Pen n'a pas été exclu pour ses idées : il l'a été en 2015 lors d'un conflit familial de succession. Les positions fondamentales sont identiques : priorité nationale (déclarée inconstitutionnelle), opposition au mariage pour tous, à la PMA, fermeture maximale de l'immigration. La dédiabolisation est un changement de ton, pas de programme. Et le choix des alliés européens le dit clairement : en 2024, Marine Le Pen choisit de fonder un groupe parlementaire avec Viktor Orbán, le dirigeant qui a démantelé l'État de droit en Hongrie et entretient des relations privilégiées avec Moscou.
Le bilan de votes est public. Au Parlement européen : vote contre la directive sur les salaires minimaux (novembre 2022), vote contre la taxation des superprofits des énergéticiens, vote contre le statut salarié des livreurs et travailleurs de plateformes (2024). En France : vote contre les propositions d'augmentation du SMIC, vote contre la suppression de la TVA sur les produits essentiels, abstention ou vote contre la constitutionnalisation de l'IVG. La 'priorité nationale' est inconstitutionnelle. Ce n'est pas un programme social, c'est une promesse impossible.
Les faits sont documentés par Le Monde dès novembre 2014 et jamais démentis. En 2014, après refus de toutes les banques françaises, le FN obtient 9 millions d'euros de la First Czech Russian Bank (FCBR), liée à des oligarques proches de Poutine. Marine Le Pen rencontre Poutine au Kremlin le 24 mars 2017, trois semaines avant le premier tour. Elle s'oppose aux sanctions après l'annexion de la Crimée. En 2022, après l'invasion de l'Ukraine, il faut plusieurs jours avant une condamnation claire. En 2024, elle fonde 'Patriots for Europe' avec Orbán, l'allié européen le plus proche de Moscou.
Les faits historiques et contemporains : fondé avec des anciens SS, condamné 18 fois pour propos négationnistes, financé par une banque russe, allié à Orbán qui a démantelé la démocratie en Hongrie, à Bolsonaro qui niait les crimes de la dictature brésilienne, à Trump qui a refusé les résultats électoraux de 2020. Un parti normal ne partage pas ses financements avec des réseaux liés au Kremlin ni ses tribunes avec des nationalistes qui démantèlent l'État de droit.
Le dossier a été instruit par l'OLAF, l'office européen de lutte antifraude, indépendant de tout gouvernement. Des permanents du RN officiellement employés comme assistants au Parlement européen travaillaient pour le parti en France, payés sur fonds publics. D'autres partis ont été poursuivis pour des pratiques similaires. Marine Le Pen condamnée en première instance, confirmée en appel. La justice française est constitutionnellement indépendante.
Les préoccupations qui alimentent ce vote sont réelles : services publics abandonnés, pouvoir d'achat en berne, sentiment d'insécurité. Mais protester contre les élites en votant pour un parti dont la dirigeante a détourné des fonds publics européens, financé par une banque russe, dont les élus votent contre les augmentations de salaires et contre les droits des travailleurs — c'est une forme particulière de protestation dont les résultats concrets vont à l'inverse des objectifs déclarés.
"Quand ils sont venus chercher les communistes, je n'ai rien dit. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n'ai rien dit. Quand ils sont venus chercher les juifs, je n'ai rien dit. Puis ils sont venus me chercher — et il ne restait plus personne pour protester."— Martin Niemöller, pasteur allemand emprisonné par les nazis de 1937 à 1945