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Chômage

7,3% officiellement. Mais 92% des chômeurs cherchent activement. Le problème c'est le marché, pas eux.

92%
des chômeurs cherchent activement du travail chaque semaine (DARES Acemo 2024)
2,5
demandeurs d'emploi actifs pour chaque offre publiée (DARES 2024)
43%
des offres publiées sont déjà pourvues en interne avant leur clôture officielle (APEC)
30%
des diplômés du supérieur occupent un poste sous leur niveau de qualification (CEREQ 2023)
17,4%
des 15-24 ans au chômage, trois fois la moyenne nationale (INSEE T2 2024)
Le contexte

Quand on parle des chômeurs, on parle d'abord d'eux comme s'ils ne cherchaient pas. Les chiffres disent le contraire : 92% des demandeurs d'emploi cherchent activement chaque semaine (DARES). Le problème n'est pas la motivation, c'est le marché. Il y a 2,5 chercheurs actifs pour chaque offre disponible. Et 43% des offres publiées sont déjà pourvues en interne avant d'être officiellement closes, elles servent souvent à satisfaire des obligations légales ou à faire de la prospection passive. 30% des diplômés du supérieur sont déclassés : des bac+3 embauchés en dessous de leur qualification. Le chômage français est un problème structurel d'inadéquation entre l'offre d'emplois décents et la demande. Pas un problème d'individus qui ne font pas d'efforts.

Objections — cliquez pour voir la réponse
"Les chômeurs ne cherchent pas, sinon ils trouveraient."
+

92% cherchent activement chaque semaine. Il y a 2,5 demandeurs pour chaque offre disponible. Et 43% de ces offres sont déjà pourvues officieusement. Ce n'est pas un manque d'efforts, c'est un manque d'emplois décents. Le marché est structurellement déséquilibré. Pointer les chômeurs au lieu de regarder les chiffres, c'est se tromper de problème.

"Il y a des offres non pourvues partout, ils n'ont qu'à prendre ce qui existe."
+

Les offres non pourvues se concentrent dans des secteurs précis : aide à domicile, restauration, agriculture. Ce sont souvent des emplois à temps partiel imposé, sous-payés, physiquement épuisants, avec des horaires impossibles. Si personne ne les prend, ce n'est pas de la paresse : c'est que ces conditions ne permettent pas de vivre dignement. La solution c'est d'améliorer les conditions, pas de pointer les travailleurs.

"Faites des études et vous trouverez facilement."
+

30% des diplômés du supérieur sont déclassés selon le CEREQ. La France forme plus de diplômés que son marché n'en absorbe à leur niveau de qualification. Ce n'est pas que les études ne servent à rien, c'est que le marché ne crée pas assez d'emplois qualifiés. Un master ne garantit plus rien automatiquement, et ce n'est pas la faute des diplômés.

"Le RSA c'est trop confortable, ça n'incite pas à travailler."
+

Le RSA pour une personne seule : 635 euros par mois en 2025. Logement, nourriture, transports, factures. La majorité des allocataires cherchent activement du travail. Ce qu'ils refusent parfois, c'est de perdre des aides pour un emploi à 800 euros net qui ne les sortirait pas réellement de la précarité. C'est du calcul rationnel face à un système mal conçu, pas de la paresse.

Ce que propose la gauche
Augmenter le SMIC pour que le travail paie réellement mieux que la précarité
Encadrer les CDD : limiter les renouvellements, rendre le CDI la norme à l'embauche
Réguler la publication d'offres fictives, obligation de transparence sur le pourvoi interne
Semaine de 4 jours pour partager le travail existant sans baisser les salaires
RSA automatique, revalorisé, sans pénalisation à la reprise d'emploi
Service public de l'emploi renforcé : un conseiller pour 30 demandeurs au maximum
"Le plein emploi n'est pas un idéal lointain. C'est une obligation morale d'une société juste."
William Beveridge, économiste, père de l'État-providence britannique, 1944
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