Chômage
7,3% officiellement. Mais 92% des chômeurs cherchent activement. Le problème c'est le marché, pas eux.
Quand on parle des chômeurs, on parle d'abord d'eux comme s'ils ne cherchaient pas. Les chiffres disent le contraire : 92% des demandeurs d'emploi cherchent activement chaque semaine (DARES). Le problème n'est pas la motivation, c'est le marché. Il y a 2,5 chercheurs actifs pour chaque offre disponible. Et 43% des offres publiées sont déjà pourvues en interne avant d'être officiellement closes, elles servent souvent à satisfaire des obligations légales ou à faire de la prospection passive. 30% des diplômés du supérieur sont déclassés : des bac+3 embauchés en dessous de leur qualification. Le chômage français est un problème structurel d'inadéquation entre l'offre d'emplois décents et la demande. Pas un problème d'individus qui ne font pas d'efforts.
92% cherchent activement chaque semaine. Il y a 2,5 demandeurs pour chaque offre disponible. Et 43% de ces offres sont déjà pourvues officieusement. Ce n'est pas un manque d'efforts, c'est un manque d'emplois décents. Le marché est structurellement déséquilibré. Pointer les chômeurs au lieu de regarder les chiffres, c'est se tromper de problème.
Les offres non pourvues se concentrent dans des secteurs précis : aide à domicile, restauration, agriculture. Ce sont souvent des emplois à temps partiel imposé, sous-payés, physiquement épuisants, avec des horaires impossibles. Si personne ne les prend, ce n'est pas de la paresse : c'est que ces conditions ne permettent pas de vivre dignement. La solution c'est d'améliorer les conditions, pas de pointer les travailleurs.
30% des diplômés du supérieur sont déclassés selon le CEREQ. La France forme plus de diplômés que son marché n'en absorbe à leur niveau de qualification. Ce n'est pas que les études ne servent à rien, c'est que le marché ne crée pas assez d'emplois qualifiés. Un master ne garantit plus rien automatiquement, et ce n'est pas la faute des diplômés.
Le RSA pour une personne seule : 635 euros par mois en 2025. Logement, nourriture, transports, factures. La majorité des allocataires cherchent activement du travail. Ce qu'ils refusent parfois, c'est de perdre des aides pour un emploi à 800 euros net qui ne les sortirait pas réellement de la précarité. C'est du calcul rationnel face à un système mal conçu, pas de la paresse.
"Le plein emploi n'est pas un idéal lointain. C'est une obligation morale d'une société juste."— William Beveridge, économiste, père de l'État-providence britannique, 1944